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Calculer sa vraie marge sur une commande payée à la livraison

Le prix affiché sur une fiche produit n'est pas ce que le vendeur gagne. En Cash on Delivery, plusieurs coûts s'ajoutent entre le moment où une commande est passée et le moment où l'argent arrive vraiment dans la poche du vendeur — et certains n'apparaissent que si la commande échoue.

La formule de base

Marge nette = prix de vente − coût d'achat ou de fabrication du produit − frais de livraison (à votre charge ou partagés) − part du coût absorbée par les commandes qui échouent (refusées, injoignables, retournées). C'est ce dernier point que la plupart des vendeurs débutants oublient de compter.

Un exemple pour visualiser (chiffres illustratifs, pas une moyenne du marché)

Imaginons un vendeur qui achète un article 5 000 FCFA et le revend 9 000 FCFA. Sur le papier, la marge brute est de 4 000 FCFA. Mais la livraison coûte 1 000 FCFA, et si une commande sur dix revient sans être livrée, le coût du produit et de la tentative de livraison de cette commande perdue doit être réparti sur les neuf autres pour connaître la marge réelle. Le chiffre final est toujours inférieur à la marge brute affichée sur le tableur.

Le coût caché le plus sous-estimé : les commandes qui n'aboutissent pas

Une commande refusée à la porte, un client injoignable, une livraison reportée plusieurs fois — chacune de ces situations mobilise un livreur, du temps, parfois un aller-retour, sans qu'aucune vente ne soit encaissée derrière. Plus le taux d'échec est haut, plus la marge affichée sur le prix de vente s'éloigne de la marge réellement touchée en fin de mois.

Le prix de vente n'est pas la seule variable à ajuster

Face à une marge trop serrée, le réflexe est souvent d'augmenter le prix affiché. C'est une option, mais pas la seule : négocier un tarif de livraison plus bas au volume avec un livreur régulier, regrouper plusieurs commandes d'une même zone dans une seule tournée, ou resserrer les zones couvertes aux quartiers où le taux de livraison réussie est le plus élevé pèsent souvent plus lourd sur la marge finale qu'une hausse de prix qui risque de faire fuir des clients sensibles au budget.

Un produit fragile ou volumineux mérite aussi un calcul à part : s'il arrive parfois abîmé ou incomplet, le coût du remplacement ou du remboursement doit être intégré à la marge de ce produit précis, pas noyé dans la moyenne générale de la boutique.

Ce qu'il faut suivre, produit par produit

  • Le nombre de commandes passées sur une fiche produit donnée.
  • Le nombre de commandes réellement livrées et payées.
  • Le nombre de commandes annulées, injoignables ou reportées plusieurs fois.
  • Le coût de livraison réel, pas seulement celui annoncé au client.

Sans ce suivi, deux produits qui se vendent au même rythme peuvent avoir des marges très différentes une fois les échecs de livraison pris en compte — et rien ne le montre tant que personne ne compare les chiffres.

Ajuster une fois qu'on voit la vraie marge

Une marge réelle plus basse que prévu n'impose pas forcément d'augmenter le prix affiché. Elle peut aussi pousser à resserrer le processus de confirmation avant expédition, à revoir la zone de livraison couverte, ou à arrêter un produit qui semblait rentable sur le papier mais ne l'est plus une fois les échecs comptés.

Suivre ça sans tableur compliqué

La page Analytique d'un tableau de bord Shafrik regroupe déjà, par boutique, le nombre de commandes, leur statut et leur évolution dans le temps — de quoi voir en un coup d'œil quels produits convertissent bien et lesquels accumulent les échecs de livraison, sans avoir à reconstruire ce suivi à la main chaque fin de mois.

L'habitude à prendre est simple : une fois par semaine, regarder non seulement combien de commandes sont entrées, mais combien sont réellement arrivées jusqu'au statut « livrée ». C'est cet écart, plus que le volume brut de commandes, qui dit ce qu'un produit rapporte vraiment.